Ce que dit la loi Climat en 2026
La loi Climat et Résilience (août 2021) acte un calendrier strict d'interdiction de location pour les logements énergivores :
1er janvier 2025 — DPE G interdit à la location (pour les nouveaux baux et renouvellements). Concrètement, un propriétaire ne peut plus signer un nouveau contrat de location sur un bien classé G non rénové.
1er janvier 2028 — DPE F interdit à la location. Cela représente environ 1,2 million de logements en France selon les estimations de l'ADEME.
1er janvier 2034 — DPE E interdit à la location. Cette échéance touchera la majorité des biens anciens non rénovés.
Important : ces interdictions concernent uniquement la mise en location. Vous pouvez toujours acheter, habiter ou vendre une passoire thermique. C'est l'achat en investissement locatif qui devient un sujet stratégique.
Comment les banques réagissent en 2026
Aucune réglementation n'impose aux banques de refuser un prêt selon le DPE. Mais dans la pratique, on observe trois types de positionnements en 2026 :
Banques restrictives. Refusent ou conditionnent fortement les biens F et G en investissement locatif, surtout sans enveloppe travaux. Elles considèrent le risque locatif futur (vacance, vente forcée à perte) comme trop élevé. Concerne surtout 3-4 grandes banques nationales.
Banques neutres. Acceptent le bien tel quel mais réclament l'audit énergétique et un plan travaux chiffré. Elles vont scruter la rentabilité du projet en intégrant les travaux dans le calcul.
Banques "rénovation friendly". Acceptent volontiers les passoires thermiques avec enveloppe travaux intégrée. Certaines proposent même des taux bonifiés (-0,15 à -0,25 point) sur les prêts qui financent une rénovation énergétique avec saut de classe DPE garanti.
Conclusion pratique : sans courtier qui connaît le positionnement actuel des banques, vous risquez d'aller frapper aux mauvaises portes. C'est exactement ce qu'on fait — orienter le dossier vers les établissements adaptés au profil énergétique du bien.
Stratégie 1 : intégrer les travaux dans le prêt immobilier
C'est de loin la meilleure stratégie pour l'achat d'une passoire thermique. Plutôt que de prendre un crédit conso travaux après l'acquisition (à 4,5-6,5 % sur 7-10 ans), on intègre l'enveloppe travaux directement dans le prêt immobilier principal :
Même taux que le prêt principal — autour de 3,30 % en 2026 au lieu de 5,5 % en conso.
Même durée — 20 ou 25 ans au lieu de 7-10 ans en conso. Mensualité globale beaucoup plus digeste.
Garantie unique — pas de double frais d'hypothèque ou de caution.
Exemple chiffré : maison ancienne 180 000 € + 50 000 € de travaux énergétiques sur 20 ans à 3,35 %. Mensualité totale ~1 314 €. La même opération avec un conso travaux à 5,5 % sur 10 ans coûterait 542 € en sus du prêt principal — soit une mensualité globale de 1 575 €. L'écart est de 260 € par mois pendant 10 ans, soit ~31 000 €.
Combien coûte une rénovation énergétique en 2026 ?
Ordres de grandeur observés sur les dossiers que nous traitons dans la Somme (maisons individuelles 90-130 m²) :
Isolation des combles perdus. 30-60 €/m² posé. Sur 100 m² de combles : 3 000-6 000 €. Le meilleur retour sur investissement énergétique, à faire en premier.
Isolation des murs par l'extérieur (ITE). 130-200 €/m² de surface murale. Sur une maison de 110 m², compter 25 000-40 000 €. Gain DPE majeur, mais investissement lourd.
Changement des fenêtres. 600-1 200 € par fenêtre posée. Pour 10 fenêtres : 6 000-12 000 €.
Pompe à chaleur air/eau. 12 000-18 000 € installation comprise. Remplace une chaudière fioul ou gaz et fait gagner 2-3 classes DPE à elle seule.
Total moyen pour passer d'un DPE F/G à un D/C : 35 000 à 70 000 € selon l'état initial et la surface. Une enveloppe à anticiper dès le compromis pour la financer dans le prêt principal.
Stratégie 2 : négocier le prix d'achat à la décote
Sur le marché 2026, les passoires thermiques se vendent en moyenne 10 à 20 % moins cher qu'un bien équivalent en classe D ou C. C'est mécanique : moins d'acquéreurs, contraintes locatives, anticipation des travaux.
L'arbitrage à faire : la décote d'achat compense-t-elle l'enveloppe travaux ? Dans le 80 (Somme), où le prix moyen au m² est plus accessible qu'en région parisienne, la réponse est souvent oui. Un bien affiché 160 000 € en G mais valant 195 000 € en C laisse 35 000 € de marge brute — proche du coût d'une rénovation moyenne.
Et après travaux : vous habitez un bien rénové dont la valeur de revente sera celle d'un bien classé C/D, soit un gain en capital de 30 000-40 000 € minimum.
Le cumul des aides : MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE
Le financement par prêt n'est pas la seule corde à votre arc. Les aides publiques 2026 permettent de réduire fortement la facture travaux :
MaPrimeRénov' Parcours accompagné : jusqu'à 70 000 € de travaux pris en charge à 80 % pour les ménages très modestes en cas de rénovation globale (saut de 2 classes DPE minimum).
Éco-PTZ : prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 € sur 20 ans pour financer les travaux énergétiques, cumulable avec un prêt immo classique.
Certificats d'Économie d'Énergie (CEE) : primes directement reversées par les fournisseurs d'énergie, variables selon le matériel installé.
Notre rôle de courtier : structurer l'ensemble pour que ces aides s'enchaînent correctement avec le prêt principal. Mal articulées, elles peuvent retarder le déblocage des fonds ou se chevaucher dans le calcul de votre taux d'endettement.
Questions fréquentes
Peut-on encore acheter une passoire thermique (DPE F ou G) en 2026 ?▾
Oui, l'achat reste libre. Mais l'interdiction de mise en location des G depuis 2025 et des F prévue en 2028 rebattent le marché : prix d'achat décotés de 10 à 20 %, financement plus exigeant, travaux obligatoires si projet locatif.
Une banque peut-elle refuser un prêt à cause du DPE ?▾
Aucune loi n'oblige une banque à refuser. Mais dans les faits, certaines durcissent leur acceptation sur les biens F et G, surtout en investissement locatif. D'autres restent ouvertes si le projet inclut une enveloppe de travaux de rénovation énergétique.
Quelle enveloppe de travaux prévoir pour passer un DPE G à D ?▾
Comptez 35 000 à 70 000 € selon la surface et l'état initial : isolation toiture, murs, fenêtres double ou triple vitrage, ventilation, et changement du système de chauffage. Un audit énergétique préalable précise le poste prioritaire.
Le prêt travaux peut-il s'ajouter au prêt immobilier ?▾
Oui, c'est la solution la plus avantageuse : enveloppe travaux incluse dans le prêt principal, même durée, même taux. Vous évitez un second crédit conso à 5-7 %. Le notaire débloque la part travaux au fur et à mesure des factures.
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